Silence et méditation

La ville rime avec bruit et tend à refléter l’expression de la vie sous de nombreuses formes : les déplacements terrestres et aériens, les constructions, les situations d’urgence, la fête, la vie en collectivité, la musique, les moyens de communication, etc.

Beaucoup s’habitue à cet environnement sonore au point de ne plus se sentir confortable en présence du silence, trop accaparé par les nombreuses activités, distractions et responsabilités ne laissant aucune place à un espace de méditation.

Pourtant, le bruit est indéniablement une grande source de stress physiologique, psychologique et de vieillissement.

Pollution sonore

La frénésie sonore aspire, draine et vide ceux qui la subissent au détriment de leur rythme biologique naturel, perturbant ainsi le bon fonctionnement de l’organisme, notre efficacité, notre concentration, notre capacité à réagir consciemment, le sommeil (sauf ceux qui parviennent à s’endormir avec la musique), l’équilibre hormonal.Aussi, depuis quelques années on prend en considération le bruit comme une source de pollution.

En d’autres termes, le silence permet au corps et à l’esprit de retrouver le calme naturellement, de prendre plus conscience de la fatigue et des tensions accumulées, de baisser la pression sanguine, de rétablir une respiration plus fluide, de prendre du recul, de faire le vide tout en se ressourçant, d’améliorer sa capacité d’écoute, sa compréhension, sa communication et favorise une meilleure santé mentale et physique!

Le silence, un luxe de plus en plus cher

Hélas, s’offrir du silence est aussi luxueux qu’effrayant pour certains. Combien de gens connaissez-vous qui sont réellement confortables à s’asseoir avec eux-mêmes et juste demeurer en observation? Observer est en effet une des premières attitudes qu’offre l’absence de son.

C’est réellement au travers du silence que l’esprit peut s’aiguiser par l’observation à comprendre et découvrir ce qui lui demeure inaccessible par excès de distraction. Il offre aussi la possibilité de s’accorder un temps de réflexion avant de parler, d’agir pour mieux mesurer la portée de ses paroles ou mieux assimiler une nouvelle information.

D’ailleurs, de nombreuses sociétés initiatiques imposent au nouveau venu une période de silence afin que celui-ci puisse développer plusieurs capacités, dont l’observation et l’écoute. Autrement dit, c’est dans le silence que la valeur de la parole prend tout son sens. C’est sûrement pour cela que l’on reconnaît l’importance de celui-ci dans le processus de prise de conscience propre à toute démarche de connaissance de soi. Grâce au calme,le regard s’éveille, s’élargit, et réalise certaines vérités.

Apprivoiser la peur du silence

Cette capacité humaine merveilleuse contribue certainement à nous distinguer des autres espèces et, paradoxalement, à nous faire sentir isolé et seul sur cette petite planète bleue perdue dans l’univers. Or, celui qui apprend à apprivoiser le silence peut y puiser une force indéniable, celle de créer du nouveau.
Le bruit vécu comme une source de distraction coupe très souvent l’individu de son intuition, de sa créativité, de ses émotions. Il en vient parfois à courir sans direction précise.

Le silence offre donc un espace de changement, une occasion de s’arrêter pour penser, voir et agir différemment, pour mieux saisir ce qui nous pousse à adopter certains comportements. C’est sans doute pour cela que le bouddhisme considère la méditation comme une approche particulièrement efficace permettant de mieux connaître le fonctionnement de son esprit.

C’est pourquoi je me plais à croire que dans un sens, nous sommes tous, chacun à notre manière, des artistes en puissance dont la capacité à créer de nouvelles manières de pensées et d’être face à la vie nous habite. Qui plus est, il existe une multitude de façon de méditer selon la nature des difficultés et sa personnalité pour tenter d’équilibrer notre réalité intérieure avec ce qui se passe dans notre environnement.

La voix de la méditation

La méditation peut se pratiquer aussi bien en marchant, en faisant la vaisselle, en prenant le bus, en se lavant, qu’en étant assis afin de se questionner sur nos comportements. Quelque soit la méthode qui vous convient le mieux, elle offre un temps de recul, d’introspection permettant d’augmenter la présence à soi et à l’autre et d’apaiser un esprit vagabond. Surtout, évitez d’en faire une routine, une activité ennuyante. Méditez plutôt lorsque vous le pouvez et le voulez, pour en éprouver du plaisir.

On peut utiliser la méditation pour calmer son esprit et rétablir une respiration plus régulière et naturelle ou pour découvrir les peurs qui nous habitent face à une situation précise. Elle peut aussi s’avérer efficace pour préciser les blessures du passé qui influencent nos réactions dans une relation, pour faire le tri dans nos pensées, se préparer à vivre une étape de vie délicate (vieillissement, maladie, décès…). Elle offre également la possibilité de développer certaines qualités comme la tolérance, la patience ou la compassion via la reconnaissance pour ce que nous possédons et réussissons.

En bref, c’est en s’aménageant des moments de plus grande présence à soi que l’on peut trouver des solutions à ses problèmes. Au-delà de la difficulté à calmer le vacarme intérieur, il devient alors possible en pratiquant la méditation de trouver à l’intérieur de soi un espace de silence rassurant et agréable qui augmentera progressivement votre bien-être personnel.

Exprimez vous!

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