Angoisse de séparation chez l’enfant et l’adulte

angoisse de séparation chez l'enfant et l'adulteQue ce soit chez l’adulte ou l’enfant, l’angoisse de séparation se caractérise souvent par une forte appréhension à l’idée d’être séparé d’une personne ou d’un lieu particulièrement sécurisant.

De cette pensée découle une sensation d’angoisse plus ou moins précise, mais fort désagréable et provoque une perte d’autonomie, la présence d’une autre personne devenant nécessaire pour tenter de se rassurer.

L’angoisse de séparation

Les raisons sont diverses et varient selon que cette forme d’anxiété touche l’adulte ou l’enfant. Quoiqu’il en soit, plus le lien émotionnel créé avec l’objet (ou la personne) perdu(e) est fort, plus cette perte tend à occasionner un vide affectif qui prend au dépourvu.

Le plus souvent, cette forme d’angoisse se manifeste au travers de divers comportements, plus ou moins agréables pour l’entourage et pour soi (jalousie, colère, décrochage scolaire, cauchemar, déprime, chantage, espionnage…). Ceux-ci reflètent un refus ou une difficulté d’accepter l’absence d’une personne proche et la crainte grandissante de perdre ce qui reste de points de repères.
Parfois, également, il peut s’agir d’une tentative de manipulation pour faire revenir autrui sur sa décision.

Impact possible pour l’enfant lors d’un divorce

Par exemple, chez le jeune enfant dont les parents se séparent, la disparition parfois soudaine du père ou de la mère amène une transformation du quotidien déstabilisante.

Cette incompréhension et désillusion face à quelque chose qui semblait immuable suscite souvent des inquiétudes quant à la pérennité des autres liens émotionnels importants. Notamment vis à vis du parent ayant la garde principal qui devient encore plus précieux.

Une difficulté d’adaptation

L’enfant qui se retrouve à composer avec des peurs nouvelles manque encore d’outils pour parvenir à s’adapter à une réalité inconnue qu’il perçoit comme menaçante.

L’intervention d’un adulte, et en tout premier lieu des parents, est essentielle pour permettre à leur progéniture de cheminer dans sa compréhension de ce qui se passe tout en faisant face à ses appréhensions.

Ainsi, l’enfant pourra à l’aide de ses parents développer la pensée, qui sera ensuite validée par l’expérience, que même si papa et maman ne sont plus ensemble, chacun d’eux continue d’exister et d’être présent dans sa vie, d’une manière qui pourra être précisé avec lui afin de restaurer une confiance.

Dépendance et hyper attachement?

Il est intéressant de remarquer que l’on retrouve aussi ce type de défi chez les animaux, notamment le chien. L’angoisse de séparation, que certains préfèrent nommer hyper attachement, se retrouve facilement chez un animal.

Celui-ci, après avoir vécu la séparation nécessaire au développement de sa propre autonomie, est adopté par une famille. Il aura tendance à vouloir se lier affectivement à elle, mais risque également d’éprouver une angoisse à l’idée de revivre la même perte.

Dès que l’animal se retrouve seul, son anxiété surgit, lui faisant perdre un peu la tête et l’amenant à se défouler, non par vengeance, mais par moyen de soulagement, sur les meubles, les souliers, les oreillers etc. …

Sensation de vide et anxiété de séparation

Chez l’adulte, l’angoisse de séparation tend davantage à se manifester lorsque, par exemple, un homme rentre dans la vie d’une femme et comble un manque dans un des domaines de sa vie, comme l’amitié.

L’intensité du lien qui se développe ainsi est proportionnelle à la taille du vide éprouvé par cette femme, sans nécessairement dépendre de la qualité des moments partagés.

En effet, il suffit parfois qu’une personne apparaisse pour tromper un ennui latent afin qu’un attachement se développe. L’impression de satiété relationnelle procure une satisfaction sans pour autant réellement combler les véritables besoins de cette femme, et de cet homme.

L’angoisse de séparation couve alors, prête à éclore dès que l’un des deux cessera d’occuper une place dans la vie de l’autre. Il en résultera un réveil douloureux face à un vide qui semblait auparavant rempli. Pourtant, est-ce la finalité d’une relation : combler un vide?

Varier les sources de sécurité

Malgré l’apparente facilité et la grande tentation que cela peut représenter, il est souvent préférable en vue d’un bonheur durable, de consacrer une partie de son temps à développer différentes sources de nourriture émotionnelle. Cela permettra de combler sa vie de différentes manières, sans que cela dépende d’une seule et même personne. Ainsi, dans notre exemple, il serait question de développer de nouvelles amitiés, que chaque partenaire possède une vie à lui, avec des activités indépendantes de celles partagées en couple.

Se familiariser avec le détachement

Parallèlement, il peut être pertinent pour certains d’apprivoiser la séparation, dans le sens de coupure, que ce soit au niveau du logement, professionnel, social, religieux, familial, amical. Cela favorisera l’acquisition de nouveaux comportements.

En développant plus de confiance en soi, une autonomie se dégagera et permettra de créer des relations sur une base affective satisfaisante au lieu qu’elle repose sur une angoisse latente de séparation et un sentiment que sa survie est fonction d’autrui. Et si vous recherchez des outils pratiques pour vous aider, n’hésitez pas à vous procurer mon best-seller: L’anxiété, comment s’en sortir, publié aux éditions Le Dauphin Banc.

Commentaires

  1. J’aime bien lire dans votre introduction que vous n’envisagez pas uniquement l’appréhension à l’idée d’être séparé d’une personne mais aussi d’un « lieu sécurisant ». En ce qui concerne ma fille, cette angoisse s’est même élargie à l’idée de la séparation d’une activité. Lorsqu’elle était petite, elle vivait une véritable panique lorsqu’elle devait cesser une activité. Je dis bien panique comme si le fait de se retrouver tout à coup sans rien faire portait une atteinte à sa sécurité ou à sa vie. Les périodes de transition lui étaient insupportables et elle devenait très agressive et colérique dans ces moments-là. J’avais vraiment l’impression qu’elle était angoissée et n’arrivait plus à avoir de pensée raisonnée.

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