L’insatisfaction chronique

Insatisfaction chroniqueNous rencontrons tous, à un moment ou l’autre de notre vie, des contrariétés, des déceptions qui éveillent en nous une insatisfaction temporaire ou chronique.

Certaines personnes vont malgré tout se sentir satisfaites, en dépit des difficultés mais en général, la plupart se sentiront moins bien que d’ordinaire.

Il se peut aussi que pour d’autres, cet état de manque, de frustration, s’installe dans le quotidien. Et même si vous possédez tout ce que vous voulez, vous avez le sentiment que le bonheur continue de vous échapper.

Pourquoi? Vous demanderez-vous. Pourquoi suis-je déçu alors que j’ai réussi tout ce que j’ai entrepris? Peut être me manque-t’il quelque chose à avoir, ou quelqu’un? Mais quoi? Mais qui?

Si la réponse se trouvait réellement dans ces quelques questions, alors qu’est-ce qui différencie, dans une situation similaire, ceux qui se sentent bien de ceux qui le sont moins ou pas du tout?

Traits de caractère

De toute évidence, cela ne dépend pas uniquement de ce que vous avez ou pas. Il est aussi question de votre attitude, de votre histoire de vie, de vos comportements et de certains traits de caractère qui contribuent à ce que le sentiment de n’en avoir jamais assez devienne une habitude. Pour mieux vous permettre d’identifier ces derniers, en voici quelques-uns:

L’insatisfait a tendance à croire que lorsqu’il réussi, c’est davantage un coup de chance que le fruit de ses compétences ce qui l’amène à douter qu’il pourra réussir à nouveau.

  • Il recherche aussi des situations, des relations lui offrant l’opportunité de satisfaire son besoin de prouver sa valeur.
  • Une réussite moyenne n’est pas suffisante car cela lui donne un sentiment d’échec.
  • Lorsqu’il réalise un objectif, il prend à peine le temps de le savourer et il part déjà à la recherche de quelque chose de plus.
  • Il estime que malgré tout ses efforts, ce n’est pas suffisant. Pourtant, lorsqu’on le complimente, cela le rend mal à l’aise ou il refuse ces «cadeaux» qu’on lui offre.
  • Il se peut qu’un sentiment de supériorité l’habite et que, paradoxalement, il doute en se demandant, par exemple: mais pour qui est-ce que je me prends?

Quelques soient les causes de ce sentiment, l’impression qu’il vous manque toujours quelque chose ne se règlera pas seulement en changeant vos pensées négatives contre des pensées positives, en vous forçant à profiter de la vie etc. … Penser cela reviendrait à refuser de profiter pleinement et complètement de l’occasion incroyable que l’insatisfaction chronique vous offre: celle de partir en quête de soi.

La quête de soi

Ce voyage vous amènera à explorer de nombreuses pistes potentielles. Ce qu’il est intéressant de remarquer c’est que, pour beaucoup de gens insatisfaits, ce sentiment qu’il manque quelque chose n’est pas apparu du jour au lendemain. Au contraire, il a pour ainsi dire toujours existé, à un niveau ou un autre, aussi loin qu’il est possible de s’en souvenir.

Les blocages

Cette constatation, loin d’être effrayante, invite à aller plus loin et à rechercher des rêves oubliés et des blocages existants. Ces blocages contribuent, au fil du temps, à créer une carapace et toutes sortes de stratégies de défense, de survie. Elles finissent par devenir des habitudes inconscientes qui vous rendent difficilement perméable aux bonnes sensations, aux compliments etc. …

Alors, qu’est-ce qui vous empêche de vous sentir bien? Peut être s’agit-il de:

  • Un sentiment de douter de votre importance,
  • Le fait de toujours être à la recherche d’autre chose, de plus, de mieux,
  • Une confiance fluctuante. Tantôt vous êtes génial, tantôt vous êtes le dernier des idiots,
  • Vous revivez ou attirez (recréez en fait), des situations ou des relations qui engendrent en vous le sentiment d’insatisfaction,
  • Vos réalisations ne correspondent pas à vos aspirations et ces passages successifs d’un projet à un autre n’ont que très peu de sens. Vous ne savez pas où vous voulez aller,
  • Vous faites périodiquement des excès (sexe, drogue, alcool, nourriture etc. …) pour vous fuir, vous auto-punir,
  • Vous cherchez à être quelqu’un au lieu d’être vous-même. Un titre, l’argent, la réussite sont autant de moyens de se prouver à soi même que vous êtes bon ou mérité d’être aimé.

Des outils pour changer

Autant de raisons – ou presque – que d’individus peuvent conduire à l’insatisfaction chronique et c’est à chacun de trouver ses blocages. Une fois que vous avez mis le doigt dessus, voici quelques outils pour changer – les questions étant indéniablement un moyen merveilleux de s’ouvrir l’esprit vers d’autres horizons – à vous de les explorer.

  • Qu’est-ce que cela veut dire, pour moi, être satisfait?
  • Qui suis-je sans mes performances, sans mes diplômes?
  • Jusqu’à quel point suis-je en contact avec mes véritables sentiments?
  • Quand saurais-je que j’en ai fait assez?
  • Que me manque-t’il réellement dans la vie? De quoi ai-je besoin dans mon travail, en amour, dans mes amitiés?
  • Peut-être que vous n’avez pas ce dont vous avez réellement besoin…

Acceptez-vous tel que vous êtes

Quelques soient vos réponses à ces quelques questions, gardez en tête que vos émotions ne sont ni bonnes, ni mauvaises, elles existent, c’est tout. Elles ne peuvent donc pas vous empêcher outre mesure de commencer à vous accepter tel que vous êtes.

Pour cela, prenez la ferme décision de ne pas les nourrir en y accordant une importance démesurée. C’est en reprenant contact avec vous-même que vous pourrez amorcer des changements dans votre vie et vous sentir plus complet, plus satisfait d’être celui ou celle que vous êtes au fond de vous. C’est en transformant progressivement l’insatisfaction chronique en compréhension, en tolérance, et en acceptation que vous pourrez ressentir plus de bien-être.

Commentaires

  1. Pierre Dussault a écrit :

    Je trouve l’arcticle tres approprié a ma situation, je crois par le fait meme avoir trouver la raison de tous mes malheurs et conditions. Je commence des maintenant a travailler sur ma guérison et je recherche une personne clé qui pourrait m’aidé dans mon évolution.
    Merci

    • Laurent Lacherez a écrit :

      Merci pour votre témoignage. C’est un beau cadeau pour moi de savoir que certains de mes articles sont sources d’inspiration.
      Bonne continuation dans votre processus de guérison!

  2. Chantal Toupin a écrit :

    Bonjour, je suis soulagé d’être « tomber sur cet article.
    Près de quarante années d’isolement, fusionnée à une personne de confiance à chaque étape de mon cheminement (+/- 25 ans) j’en suis rendu à faire mon chemin moi-même, sans directives à suivre et surtout sans ce regard approbateur qui m’est si nourrissant.
    Depuis…
    Faire les choses pour moi même ça ne fait pas de sens, le faire pour les autres c’est une position (en plus de ma naïveté) où je risque beaucoup émotionnellement. Entrer en relation avec les autres me déplaît, trop d’efforts et de compromis. D’autant que les gens sont franchement plus occupé que moi et que beaucoup d’entre eux ont décidé d’abandonner l’idée de se faire des nouveaux amis.
    Je me sens encore et toujours comme au primaire et au secondaire, sans attrait pour quiconque. J’ai accompli tant de travail et d’introspection pour me libérer et aller vers les gens, développer de la confiance et de l’estime. Le livre INSATISFACTION CHRONIQUE m’a beaucoup aidé en ce sens.
    Mais rien n’a d’égal au regard aimant. Est-ce que? Comment? Peut-on?
    Je me sens m’éteindre et perdre le goût d’aimer les gens. Je suis altruiste alias fusionnel et les seuls qui aiment ça sans se sentir menacer ce sont les gens affaiblis comme les gens âgées ou malades.
    Si au moins je pouvais retrouver le plaisir que j’avais à bricoler dans mon coin.

    • Laurent Lacherez a écrit :

      Bonjour Madame,
      Vous semblez sur la bonne voie pour retrouver le plaisir que vous cherchez, tout simplement en commençant à faire des choses pour vous, que vous aimez et qui vous correspondent. Apprendre à dire non aussi est un défi qui vous aidera à bâtir votre confiance, à vous accordez la liberté d’être vous même tout en faisant savoir aux autres qui vous êtes.
      Bonne continuation,
      Laurent Lacherez.

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