Résoudre les conflits intérieurs pour réduire son anxiété

résoudre conflits intérieursPartagé par une multitude de désirs, de responsabilités, et de nombreux engagements, il est parfois difficile de demeurer à l’écoute de ses vérités profondes, et d’entendre ce que nous susurre dans le creux de l’oreille notre petite voix tellement nos conflits intérieurs sont présents.

Que ce soit une personne qui, en contradiction avec son éducation, se voit refouler sa tendance homosexuelle, un employé qui lutte contre lui-même pour se rendre quotidiennement à son emploi qu’il déteste, mais aux avantages précieux, une jeune femme en proie à la peur de sauter dans l’inconnu et partir à l’étranger parfaire son anglais, toutes ces personnes vivent un déchirement intérieur, une tension conduisant à une lutte avec soi-même génératrice d’anxiété et de mal-être. Comment se réconcilier avec soi-même?

Il convient tout d’abord de distinguer au moins deux types de conflits intérieurs : ceux qui agissent comme un ressort et ceux qui paralysent.

Le conflit intérieur de type ressort

Il y a ceux qui agissent sur nous comme une sorte de tension exercée entre deux polarités. Tel un ressort, cette forme de dualité, loin d’être paralysante, est une invitation à se dépasser pour s’améliorer. Ainsi, elle peut nous suggérer de modifier un comportement, de remettre en question certains choix ou de changer un trait de caractère qui nous nuit.

C’est dans l’inconfort de la sensation d’une tension en soi que l’on peut réellement prendre conscience de ce qui va moins bien. Il est alors plus facile d’utiliser ses qualités pour atténuer des parties de nous qui nous déplaisent et qui sont identifiées comme des éléments nuisibles à notre bonheur.

En général, ce type de tension intérieure se manifeste par l’impression que l’on peut mieux faire, qu’on est capable de plus, que nous ne sommes pas véritablement ou complètement nous-mêmes, que nous pouvons être une personne d’une plus grande beauté intérieure et plus épanouie.

Il arrive souvent d’ailleurs que le début d’une relation amoureuse insuffle cet élan naturellement et avec force. Ainsi, on puise dans le sentiment d’amour naissant le carburant nécessaire pour opérer en soi des transformations. Celles-ci nous permettent d’accéder à une autre étape vers l’expression de ce qu’il y a de meilleur en nous. On se dépasse alors et, chose surprenante, c’est avec une rapidité et une aisance déconcertante que ce changement s’opère parfois en nous. Ce qui prouve bien que nous en sommes capables.

Même si parfois nous en doutons ou l’ignorons, il n’en demeure pas moins que l’être humain à le pouvoir de réaliser de grandes choses, du moment qu’il sait utiliser cette forme de tension comme levier pour accéder à un plus grand développement personnel.

Le conflit intérieur paralysant

En revanche, le défi diffère lorsqu’un déchirement intérieur s’exprime entre des parties de nous qui veulent absolument conserver leurs avantages respectifs.

Ce mélange d’élan vers l’avant et d’immobilisme peut exercer une force aussi puissante qu’un vortex qui fait tout disparaître à proximité. Dans ce cas, reconnaître l’opposition qui nous fige dans le mal-être et l’observer, avec le plus de recul possible, demeure un bon premier pas pour se réapproprier un retour au port sans naufrage!

En conservant présent à l’esprit qu’aussi inconfortable que soit cette forme de dualité, elle nous ouvre la voix vers un aspect de nous-mêmes qui nous demeure encore voilé, que nous avons refoulé et qui a grand besoin d’être exprimé pour mieux vivre sa vie.

Aussi, loin d’être un ennemi intérieur, il s’agit d’aborder ce phénomène comme une tentative de se libérer d’une forme d’aliénation que l’on s’inflige soi-même sous prétexte de respecter et de conserver des concepts, des croyances qui nous appartiennent rarement. Refuser cela revient tout simplement à résister de s’ouvrir à soi, et par conséquent, au reste du monde.

Le temps de la réconciliation

Tendre vers une libération des conflits qui nous habitent implique d’aborder avec une certaine neutralité les aspects de soi qui s’opposent et parvenir, par un dialogue, à instaurer une relation plus harmonieuse. Il est d’ailleurs très révélateur pour la personne vivant un conflit avec elle-même de découvrir, au travers d’un exercice d’introspection, que les motivations sous-jacentes à la résistance qu’elle vit sont bénéfiques, au-delà de l’inconfort créé par le conflit. Alors, à quoi bon se rendre malade en luttant contre soi-même, et les autres, au point d’en devenir aveugle ou pire, de mettre fin à ses jours? Tout le monde n’en sera que plus malheureux!

Dans cette perspective, une émotion que l’on a tendance à qualifier de « négative » de par sa nature désagréable recèle souvent une vérité non exprimée de nous-mêmes. Ainsi, la colère peut être l’expression d’une tristesse, elle-même le reflet d’un désir de liberté d’apparence dangereuse pour ce que l’on a construit dans la vie, mais qui visiblement ne nous convient pas ou plus. Parfois, par orgueil, certains préfèrent continuer sur la même route et se convaincre qu’ils ont raison. Le prix a payé est souvent trop élevé.

En bloquant l’expression de ses vérités intérieures par des jugements erronés sur les émotions qui nous habitent, les circonstances peuvent plus difficilement s’agencer de manière harmonieuse.  Puisque les conflits gouvernent aussi bien les comportements que les pensées et les émotions, ils conditionnent et déforment notre perception des évènements, nous conduisant à réagir avec anxiété.

Un travail sur soi s’impose alors pour se réconcilier, trouver un terrain d’entente et trouver des solutions intégrant nos angoisses existentielles afin de se réapproprier sa vie et d’amorcer une paix intérieure salutaire qui nécessitera d’apprendre à accepter davantage.

Commentaires

  1. Laurent Lacherez a écrit :

    Thanks a lot for your opinion.

  2. Caroline Cyr a écrit :

    Salut Laurent! J’aime bien ton article et c’est drôle…je m’y reconnais même un peu 😉

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