Le stress au travail

Stress au travailDernièrement, les résultats d’un sondage national sur le stress au travail effectué par Desjardins Sécurité Financière en 2010 ont attiré mon attention.

L’étude révèle que du point de vue des travailleurs, quatre facteurs principaux peuvent causer un stress intense, de l’anxiété, ou une dépression importante. Les voici :

  • une rémunération ou un salaire insuffisant (30 %)
  • une surcharge de travail, un rythme effréné (27 %)
  • un manque de reconnaissance pour le travail accompli (22 %)
  • une ambiance de travail négative (22 %).

De l’anxiété à l’épuisement professionnel

Dans l’ensemble, 54 % des répondants estiment que leur niveau de stress est comparable à celui de l’année dernière, alors que 30 % se sentent plus stressés aujourd’hui qu’il y a un an.  Je ne sais pas vous, mais je trouve ça énorme une augmentation de 30 % de l’anxiété en un an, surtout lorsqu’on sait que l’on consacre environ 1/3 de sa vie à sa profession. Rien d’étonnant à ce que de plus en plus de clients en épuisement professionnel consultent pour des problèmes d’anxiété.

Souvent, ils ne savent pas ce qui s’est passé pour en arriver là. Ils se lèvent un beau matin et puis, plus rien. La machine que représente le corps ne répond plus aux directives, il n’y a plus personne à la salle des machines pour faire avancer le navire.

Tel un élastique que vous avez trop étiré et qui vous revient en pleine figure pour vous réveiller, l’effet de cette gifle est douloureux et vous réalisez à quel point quelque chose ne va plus, mais quoi? À quel niveau faut-il opérer certains changements pour remédier à la situation?

Pour réduire le stress: intervenir au bon niveau

En coaching, je distingue six niveaux sur lesquels il est possible de cibler une réduction de l’anxiété. La limite des interventions lors d’un travail avec un employé se situe bien entendu là où débute la part de responsabilité de l’employeur à lutter contre le stress au travail. En fonction du niveau où se situe la problématique, un plan d’intervention est défini de façon à rechercher et installer des solutions. Celles-ci nécessitent des changements systématiques, c’est-à-dire aussi bien au en ce qui concerne l’individu que l’entreprise pour remédier à la situation.

Les six niveaux d’interprétation

Souvent, l’environnement (premier niveau) est à la base du reste : espace de bureau sombre, trop restreint, ambiance négative, médisance, commérage, et j’en passe.

Il influence directement les comportements (deuxième niveau) que vous adoptez ou non et votre productivité. Agir sous pression ne donne pas les mêmes résultats que l’action détendue et soutenue.

Qui plus est, vous risquez de ne pas tenir la distance si vous avez un grand marathon à faire.

Rapidement, vos capacités (troisième niveau) sont affectées et vous voyez bien que vous traînez derrière. La ligne d’arrivée, que symbolise la retraite, est loin pour beaucoup et vous ne savez pas comment vous y arriverez en un seul morceau.

Vos croyances (quatrième niveau) s’effritent alors, le doute s’installe et devient votre ennemi jusqu’à affecter votre identité (cinquième niveau).

Bien sûr, cet avant-dernier niveau conditionne tous les précédents, et en changeant, il affecte également celui du dessus, le dernier niveau, caractérisé par votre vision de vous au travail. J’entends par là le sens que cela donne à votre existence, à votre profession et qui soutient une image de soi valorisante.

C’est là qu’un travail de fond doit être effectué le plus souvent pour éradiquer l’anxiété professionnelle : veiller à préserver, restaurer et intégrer l’identité des employés au sein de l’entreprise, en leur offrant ce dont ils ont besoin pour parvenir à s’épanouir sur ces six niveaux. Il s’agit donc d’une lutte contre le stress plutôt que d’une gestion.

Le stress, une affaire à gérer?

Personnellement, je n’aime pas parler de gestion du stress. Pourquoi vouloir gérer cela? La réalité, soyons honnête, est la suivante : vous ne voulez plus vous sentir pressé comme un citron jusqu’à la pulpe et qu’on vous jette ensuite au compostage en espérant vous trouvez une seconde utilité! Vous n’êtes pas une bouteille de shampoing que l’on souhaite transformer en rideau de douche. Vous désirez sentir que vous jouer un rôle auprès de votre employeur et que celui vous fourni les moyens dont vous avez besoin pour remplir cette fonction, tout en vous épanouissant au maximum de vos compétences, non?

Pour la majorité des employés, afin de prévenir l’apparition de stress sur le lieu de travail, il est nécessaire de pouvoir :

  • Agir sur l’environnement au sens large afin de ne pas rester coincé dans une situation et d’avoir le sentiment de pouvoir intervenir.
  • Avoir sa place, car le sentiment de posséder un territoire apporte confort, intégrité et permet de se développer.
  • Réussir parmi les autres en trouvant un achèvement social.

Ainsi, si l’action est impossible, que votre place est menacée ou qu’aucun aboutissement social n’est obtenu, des difficultés apparaîtront et l’anxiété en sera sûrement un des premiers symptômes.

L’anxiété: un baromètre à surveiller

En cela, L’anxiété au travail est un baromètre qui indique à quel point vous êtes en mesure d’agir, d’occuper votre place et de réussir parmi vos collègues et supérieurs. En comprenant ce sur quel niveau votre anxiété tente d’attirer votre attention, vous seriez mieux à même de cerner ce qu’il convient de modifier pour vous épanouir professionnellement et tenter d’éliminer le stress au travail plutôt que de chercher à le gérer.

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