Le trouble explosif intermittent

TEIAlors que j’écoutais la radio, l’animateur aborde un sujet qui m’est familier pour l’avoir rencontré à plusieurs reprises dans mon bureau, mais dont l’appellation me fait sourire : le trouble explosif intermittent.
La conversation tournait autour de parents dont les enfants ont des problèmes de comportements.

Symptômes du Trouble Explosif Intermittent ou TEI

Ce trouble de l’humeur, répertorié dans le DSM IV (Le Manuel Diagnostique et Statistique des troubles mentaux), est défini selon les critères suivants :

  • Plusieurs épisodes d’incapacité à résister à des impulsions agressives, aboutissant à des voies de fait graves ou à la destruction de biens;
  • Un degré d’agressivité exprimé durant les épisodes qui est sans commune mesure avec un quelconque facteur de stress psychosocial déclenchant;
  • Des épisodes agressifs qui ne sont pas mieux expliqués par un autre trouble mental (p. ex., une personnalité antisociale ou borderline, un trouble psychotique, un épisode maniaque, un trouble des conduites ou un déficit de l’attention/hyperactivité) et ne sont pas dus aux effets physiologiques directs d’une substance ou d’une affection médicale générale (p. ex., un traumatisme crânien ou la maladie d’Alzheimer).

Un excès d’anxiété?

Il me semble qu’on retrouve souvent ce type de comportements chez l’adulte. Par exemple dans un couple où l’un des deux partenaires garde pour lui de nombreux irritants provoqués par les comportements de l’autre. Il n’est pas rare de voir à un moment ou l’autre une assiette traverser la cuisine pour se briser un peu plus loin, ou encore un trou dans le mur provoqué par un coup de poing! Il arrive aussi qu’une mère finisse par « péter les plombs » tellement son enfant l’aura poussé à bout.

Ce genre de réaction, aussi disproportionnée soit-elle, se comprend relativement bien lorsque l’énervement, le stress et les frustrations s’accumulent à un point tel que vient un moment où, comme on le dit si bien, « c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase ».

Une perte de maîtrise de ses émotions

Il me semble logique que l’on entende davantage parler de ce trouble chez les jeunes enfants plutôt que chez les adultes. En effet, ces derniers ont a appris à se contrôler et il est plus facile de respecter des limites que l’on s’impose à soi-même, car les raisons qui nous motivent nous semblent louables. Par contre, faire comprendre cela à un enfant demande certainement d’autres qualités.

Quoi qu’il en soit, ne faut-il pas être stressé à ce point qu’un rien finit par vous faire sortir de vos gonds? Dans ce cas, il est temps de faire les choses différemment. De toute évidence, si vous en venez à perdre la maîtrise de vos émotions, c’est que vous accumulez trop de frustrations, de colère, de contraintes (ou que vous n’en avez pas eu suffisamment étant jeune ce qui, une fois adulte, rend votre seuil de tolérance très bas à toute forme d’autorité).

Dispositifs pour relâcher la pression accumulée

Il semble essentiel de trouver des façons saines d’évacuer le trop-plein de pression emmagasinée, de se doter d’outils efficaces pour mieux communiquer vos besoins au fur et à mesure et de développer des stratégies adéquates de gestion de l’anxiété.

Sinon, la seule solution qui vous restera comme c’est le cas pour certains parents dépassés par la situation (et je me garde bien de les juger en disant cela), sera de prendre une douche froide pour apaiser la violence des émotions qui vous submerge!

Prévention plutôt que sanction

Je vous en prie, n’attendez pas qu’il soit trop tard pour en arriver là. Faites tout ce qui vous semble sensé pour remédier à ce trouble de l’humeur et retrouvez votre équilibre intérieur.

Une de mes clientes se défoulait au volant! Cette femme, pleine de dignité et de calme apparent dans son travail, ne laissait que très rarement entrevoir ce qu’elle pensait vraiment. Lorsque son patron la félicitait en lui donnant régulièrement des dossiers supplémentaires, sa réaction était posée.

Lorsqu’elle ne parvenait plus à prendre sur elle, un petit joint venait à la rescousse et lui permettait de « lâcher son fou ». Souvent, elle se sentait peu fière de son comportement et culpabilisait. Du coup, elle exprimait sa rage sur la route, insultant à tout va et adoptant une conduite parfois dangereuse. Trouble explosif intermittent ou non, à vous de voir ce que cela cache!

Exprimez-vous !

*